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L'utilité du bocage

La haie absorbe les polluants, nitrates et phosphates : elle a donc une fonction importante d'épuration de l'eau à une époque où les consommateurs paient sa potabilité de plus en plus cher, alors que l'on subventionne les céréaliers pour polluer pendant que des multinationales empochent des bénéfices exorbitants.

Les haies et les surfaces enherbées limitent l'érosion des sols, notamment sur les bassins versants humides. Elles freinent le ruissellement des eaux et favorisent leur infiltration. Elles jouent donc un rôle important dans la lutte contre les inondations, dont le coût social et économique devient de plus en plus important.

Les haies modèrent les effets des épisodes de sécheresse en coupant aussi l'action du vent. A votre avis, a-t-on parlé des haies à LA HAYE ? Elles pourraient pourtant jouer un rôle intéressant dans l'effet " puits de carbone ".

Le bocage constitue un élément important de l'identité, de la diversité et de l'attractivité des paysages. Il constitue en cela un facteur économique pour le tourisme, pour son association par le consommateur aux produits de qualité.

Les haies, les zones humides abritent de très nombreuses espèces animales et sont donc un élément déterminant pour la préservation d'une biodiversité de plus en plus menacée. Les haies, selon leur nature, ont un rôle de protection du bétail (abri…) et, dans certains cas, limitent la propagation des maladies. Moins de haies, c'est aussi plus d'insecticides.

Les forêts alluviales et les ripisylves, qui sont en forte régression dans toute l'Europe, sont quasiment menacées de disparition, alors qu'elles constituent un enjeu majeur du fait de leur richesse biologique, leur valeur paysagère, leur rôle de maintien des berges, de dénitrification et d'absorption des produits phytosanitaires.

La populiculture, l'extraction des granulats, le défrichement sont leurs ennemis, les céréaliers voulant cultiver jusqu'au bord des rivières étant de loin les plus dangereux.

Malgré tous ces atouts et ces connaissances, trop peu d'éléments bocagers entrent dans les ZNIEFF ou font l'objet de mesures de protection spécifiques.

Une prise de conscience tardive pour une protection mal organisée

Ce sont les "urbains" qui, gros utilisateurs d'espaces pour leur plaisir et leur loisir, de plus en plus organisés, ont commencé à réagir. L'évolution des pratiques de plein air traduit une évolution rapide de l'appropriation de l'espace rural. Les chasseurs en savent quelque chose, qui d'ailleurs, à de rares exceptions, n'ont jamais réagi contre la disparition des haies dans les remembrements.

La qualité des paysages, leur diversité, sont les premières motivations du tourisme rural comme du tourisme fluvial. C'est sans doute cet intérêt économique qui a conduit à un réveil superficiel des pouvoirs publics. La pression croissante des randonneurs, des "néo-ruraux" sera-t-elle plus opérante ? Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a rien à espérer du lobby agro-industriel et de sa marionnette, la FNSEA, pas plus des mesures dites agro-environnementales. Sauf peut-être à subventionner copieusement la plantation des haies après en avoir subventionné l'arrachage. Comme pour la vache folle et la suppression des farines animales, ce sont les contribuables qui paieront in fine des erreurs prévisibles, annoncées, programmées, hier encore défendues par ceux là mêmes qui aujourd'hui réclament qu'on les dédommagent après qu'ils nous aient pollués. Personne n'est dupe du remplacement de l'agriculture productiviste par l'agriculture raisonnée. Ce n'est jamais qu'une tentative de rendre présentable un bilan catastrophique.

 

 

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